30 jours sans alcool

Ceci n’est pas le fruit d’un lendemain de cuite. Je ne bois même pas tous les jours. Mais à 41 ans, je n’ai pas encore vécu un mois sans alcool. Récit.

1er jour.

D’emblée, succès.

Le soleil perce à peine à travers les branches mais déjà on peut parler de succès : je n’ai pas envie d’alcool.

Plus sérieusement, aujourd’hui, mon cher oncle d’Amérique nous rend visite – son vol se pose en fin de matinée.

Grand porteur de toasts, mon oncle d’Amérique.

Fin connaisseur des plaisirs de ce monde.

Pour célébrer comme il se doit son arrivée en terre de Savoie, parmi nous, sur le sol des ancêtres, ce soir – et c’est le moins que nous puissions faire – raclette en famille !

Évitons de nous faire avoir sur un coup simple (ce message est destiné à mon subconscient).

Je reformule : ce soir, raclette en famille à l’eau gazeuse !

Ou plutôt – pardon – pour être tout à fait précis : chaleureux apéro de retrouvailles en famille, à l’eau gazeuse, suivi, donc, d’une raclette à, également, l’eau gazeuse !

À moins que… J’attaque à l’eau plate ? Puis gazeuse ?

Tout à l’eau plate ?!!

Hmmm.

Allez.

J’adapterai selon l’humeur.

Rock’n roll.


 

2e jour

Où la nostalgie frappe au Carrefour Market.

Mon oncle d’Amérique est arrivé !

Avant midi, il s’est agi d’arroser les retrouvailles avec la famille pour l’occasion réunie. Je suis remonté de la cave avec un Muscadet de 2005 dont ils allaient me dire des nouvelles, les anciens du gaz.

J’ai comme il se doit épousseté le flacon et servi ces messieurs dans nos plus beaux verres à pied.

Pour moi, Badoit.

Tel l’hérétique, j’ai trinqué à l’eau gazeuse en expliquant sans rentrer dans les détails que je m’accordais quelques jours sans alcool. Paré à défendre mes positions, j’ai opposé aux regards incrédules le sourire du bienheureux.

Deux possibilités, vu d’ici :

1. J’ai mis la main sur la parade ultime aux objections

2. Tout le monde s’en fout

Car la conversation a repris sans le moindre commentaire sur mon abstinence toute neuve alors qu’objectivement, excusez-moi mais pardon.

À ce propos, je m’attendais à pire, question frustration.

L’euphorie des débuts ?

Ayant de longue date endossé la fonction de sommelier-caviste dans la famille, j’ai comme à l’accoutumée veillé à ce que le verre de chacun demeure plein tout au long du repas.

Pour moi, Badoit.

Sans que cela me coûte.

Vraiment, je m’attendais à pire.

Plus tard, en prévision de la raclette majeure prévue pour le diner,  mon oncle d’Amérique et moi nous sommes rendus au Carrefour Market.

Où l’on déambule dans les travées, tous sens aux aguets, déposant dans le caddie qui un bocal de cornichons, qui une salade, qui un saucisson. À la vue des étagères noires de bouteilles, au rayon pinard, j’ai cessé de siffloter. J’ai soudain pris la mesure de ce à côté de quoi j’allais passer, pendant 30 jours.

Le pic de frustration a eu lieu à ce moment précis où il n’était pas question de boire, mais d’anticiper le plaisir à venir.

Cette nostalgie ne m’a quitté qu’au moment de déboucher la première bouteille de la soirée, pour servir les convives.

Alors j’ai de nouveau pu exercer mon pouvoir de décision.

Savourer ma capacité de choisir.

Boire de l’eau toute la soirée et m’en féliciter.


 

3e jour.

Où je dérape à mon insu 

Un moment d’inattention.

Typique.

Resté fidèle à l’eau gazeuse durant tout le dîner, encore attablé, je bavarde avec mon oncle au-dessus des reliefs du repas sans réaliser que mon verre a été embarqué en cuisine ni que je viens de remplir de Badoit un verre qui contenait encore un fond de blanc.

Une gorgée suffit, bien entendu, pour que je comprenne mon impair.

Un acte manqué ?

Vous avez déjà bu du blanc noyé ?

Non, un moment d’inattention. Typique.

Tarif : le compteur journalier est remis à zéro.


 

4e jour.

Patate au menu

Sortir du lit poussé par une énergie venue d’ailleurs.

Combien de temps que je ne m’étais réveillé en pleine forme ?

D’humeur à préparer le petit déjeuner pour la maisonnée encore assoupie en sifflotant comme une mésange ?

Combien de nuits interrompues en leur beau milieu par la tachycardie et les pensées confuses, après un dîner arrosé?

Vous allez voir que je vais finir par y prendre goût, à cette clarté d’esprit qui dès potron-minet saisit l’abstinent.

D’autant que je n’ai pas eu de véritable occasion de boire, ce jour.

Hormis, peut-être, après cinq heures de route, cette bouteille de whisky japonais dont je raffole et que mon hôte a éloigné de ma vue, compte tenu de ma résolution de ne plus m’accorder ces instants de pure volupté qui accompagnent la lente brûlure du Single Malt instillant ses merveilleux poisons dans le corps et l’esprit de l’amateur.

Pure volupté qui se paye néanmoins par une allégeance à la gravité, or il n’est pas exclu que je finisse par y préférer la légèreté dont je perçois déjà les prémisses.

Quatre jours à peine et me voilà jouant avec l’idée de ne plus boire jamais !

On aurait tout vu.


 

5e jour

Masochisme ?

Arrêter de boire, c’est une chose.

Arrêter de boire et s’en aller partager une planche fromage/charcuterie dans un bar à vin où les murs sont – littéralement et à juste titre – recouverts de pinard, c’en est une autre.

En particulier si vous poussez le curseur jusqu’à vous saisir du verre de la personne qui vous accompagne pour le porter à vos narines afin de convenir qu’en effet, le nez de ce vin Corse est sublime.

Haut rempart, votre volonté d’airain ne cède guère face aux vagues de la tentation et c’est heureux car l’alternance fromage / charcuterie n’arrange pas vos affaires.

Par quelqu’étrange réflexe compensatoire, vous buvez verre d’eau sur verre d’eau.

Puis, enfin, vous franchissez ce paroxysme de frustration.

Vous pénétrez en zone de plénitude.

Le vin est oublié.

La conversation vous accapare – vous réalisez soudain que la sensation que l’univers s’est réduit à une bulle irisée autour de votre table n’a jamais été le fait de l’alcool, mais celui d’un instant privilégié.

Plus folle la fête ?

Plus longue, en tous cas. Vous avez désormais le loisir d’en revivre chaque instant par la grâce de votre mémoire intacte.

 


6e jour

Jouvence

Le miroir est catégorique : je suis plus jeune que la semaine dernière.

Une assurance nouvelle dans le regard ? Le plus vif éclat du teint ? L’estompage des rides et ridules ?

Je ne saurais dire. Mais j’accueille la nouvelle avec un sourire qui accentue encore le phénomène – comme dans démarrer la journée du bon pied.

Que nous dit Marc Aurèle ? « La viande grillée n’en est pas moins cadavre. Le vin de vieilles grappes pourries. »

L’haleine de qui a bu en atteste – j’éprouve certaine gène à l’écrire tant boire m’a procuré de délices mais peu importe la grandeur des légendes qu’on y attache, dans les faits, on ingurgite le jus de fruits pourris.

Il faut avoir fréquenté le produit de près pour prendre la véritable mesure de ses effets.

Avoir senti ses mains trembler à l’heure du goûter.

S’être réveillé seul, dans l’obscurité, sur la plage et sous une pluie drue, sans autre souvenir que les nombreux verres ingurgités quelques heures auparavant dans l’euphorie du premier jour d’escale en pays étranger.

Avoir développé un ulcère.

Avoir repris ses esprits au petit matin, vautré sur les marches à l’entrée d’une discothèque, sans carte de crédit ni lunettes.

Entre autres.

Alors on peut jouer les pisse-froid et raconter à qui veut bien écouter que la délectable boisson coûte un peu plus cher que ce qu’indique l’étiquette.

La modération ?

J’y suis parvenu. Quelques verres de whisky pour accompagner mon cigare. Un bon vin avec un bon repas. Une bière en terrasse.

Uniquement des moments choisis.

Quand bien même ; le lendemain, le verdict du miroir est sans appel.


 

7e jour

Grand shelem !

J’annonce dores et déjà qu’une fois les 30 jours sans alcool révolus, j’entamerai 30 jours sans viande ni poisson. Manière de voir également si j’y suis.

Compte-tenu de mon attachement viscéral au cheeseburger, aux lardons, au jambon cru – quid de la raclette ?!! – et autres pièces du boucher, sans compter les sashimis dont j’aime à m’empiffrer sans vergogne, ça risque de ne pas relever de la formalité. Mais à l’aune de la mine réjouie des végétariens et leur tendance à prêcher la bonne parole à toute occasion, je me dis tentons l’expérience et narrons-vous l’affaire par le menu. Rendez-vous en ces lieux pour, donc, de nouvelles aventures.

L’alcool ?

Je n’y pense plus guère qu’au moment de rédiger ces lignes car maintenant que je me suis confronté aux situations les plus délicates, je n’éprouve plus la sensation de me priver. Comme évoqué, j’ai meilleure mine au réveil, je n’envisage plus d’aller me coucher avant le déjeuner, je me souviens du détail de chaque journée – aidé en cela par la tenue d’un journal quotidien dans lequel je consigne, chaque soir avant mon moment de lecture, ce pour quoi je suis reconnaissant et ce qui pourrait être amélioré – et je suis fort aise de ne plus dépenser des sommes qui finissent par être considérables en bière, grands crus et Single Malt.

Restent ces retrouvailles prévues dans quelques jours à Saint-Tropez avec mon compère de longue date et partenaire de toutes les folies avec qui la perspective d’une soirée à l’eau semble pour le moins incongrue.

À suivre.


8e jour

La profondeur des racines

On se croit à l’abri.

On s’imagine qu’avoir à plusieurs reprises vaincu suffit.

Qu’ayant relevé d’éclatants défis – ignoré le vin au bar et durant la fête le champagne – l’affaire est entendue.

Hier suffit, non ? Les preuves n’ont-elle pas été fournies ? Que ne passe-t-on à autre chose ?!! Voyons. Le plus dur est derrière, désormais.

Alors se forme, au retour de la balade en forêt et tandis que le jet débarrasse les bottes de la boue des sentiers, la vision d’une planche à chorizo, d’un grand couteau et d’une Leffe perlée de fraîcheur.

La première gorgée de bière.

Renoncer à la première gorgée de bière et à la fabuleuse triade Leffe / Chorizo / Bretzel.

Modifier l’équation en remplaçant les bulles dorées par des bulles ternes et prier pour que ma joie demeure.

Las.

Je ne peux pas dire que l’ivresse me manque – à l’époque où je fumais un paquet par jour et qu’il devint envisageable d’arrêter, je me suis posé pour la première fois la question : à quel moment naît le plaisir ? Lorsque la fumée pénètre les poumons ? Lorsque je la souffle ?

Là aussi, certain mystère entoure la naissance de la volupté.

Je ne peux pas dire que l’ivresse me manque mais une bonne binouze, si.

Terriblement.

Tant pis pour elles.


10e jour

Etat fébrile

Je suis malade.

Complètement.

Gorge en feu, jambes de laine, cerne morose.

Autant dire que l’ambiance n’est pas aux libations – à moins qu’un petit Laphroaig, pour désinfecter ?

Je plaisante.

Encore que.


12e jour

Escalade

Mieux, merci.

Vous tombez bien ; j’apprends à l’instant que je suis convié à la soirée d’anniversaire d’une personne qui m’est chère, très prochainement, en compagnie d’une équipe qui ne sort pas pour coller des gommettes.

Intéressante perspective.

La raclette à l’eau gazeuse, c’est fait.

Le dîner au bar à vin sans vin, aussi.

Le chorizo et les bretzels sans bière, je ne le souhaite à personne.

Mais la soirée d’anniversaire ?!! 

M’occuper de la stéréo toute la soirée. Je ne vois que ça.

Notez que jusqu’à présent, jouer au DJ m’a souvent échu sans pour autant m’empêcher de boire comme un évier – on peut en revanche imaginer que l’intervalle entre chaque morceau s’en trouvera avantageusement réduit, compte-tenu du fait que la recherche du titre suivant devrait s’avérer moins laborieuse.

Belle occasion, en tous cas, de mesurer combien la fête peut être folle, sans guignol.


16e jour

Ce qui manque

Nouvelle raclette en famille, hier au soir.

Une formalité – les promesses de la bouteille de blanc sont restées lettres mortes. Cerise : mon cas intrigue.

Mon oncle : « l’alcool ne te manque pas ? »

Son frère : « Pas de vin, merci. De l’eau, également. »

Si l’alcool me manque ?

Choisir et entamer une bouteille. La connivence avec celui ou celle dont on emplit le verre. Cet enthousiasme. Le bel accord avec tel plat, tel cigare. Ca oui.

Peu avant ces 30 jours sans alcool, j’ai eu l’occasion de boire sans retenue lors d’une charmante soirée d’anniversaire entamée chez une amie. Eh bien, j’ai trouvé le moyen, toute la soirée durant, d’intercaler un verre d’eau entre chaque verre d’alcool et de convertir quiconque passait à ma portée. Je n’ai baissé la garde que bien plus tard, lorsque le serveur nous a attribué une table près de la piste et que s’approvisionner en eau est devenu problématique.

Version courte : j’ai désormais l’impression de me détruire, lorsque je bois. Même peu. Je trouve pénible cette espèce de coup de barre qui me cueille au jarret dès les premières gorgées. Ce piètre sommeil. Ce brouillard mental qui dès le lendemain s’installe et dure.

Franchement.

Non ?


17e jour.

Entrecôte

Dans seize jours s’achève ce test et débute 30 jours sans viande ni poisson.

Du coup, hier soir, j’ai demandé à la serveuse une entrecôte de 350 grammes.

Pas extraordinaire – trop de nerfs. Au nez, le vin semblait fameux.

Durant tout le repas je me suis abreuvé d’eau plate et fais violence pour ne pas me saisir du verre de vin de mon compagnon de table.

Cette petite gorgée de rouge nous tient lieu de case départ, dans le Monopoly du repas. Supprimez-là et vous voilà perdu. Ce n’est même plus une question d’envie. Mais de repère. De ponctuation.

Je vous ai parlé de cette soirée d’anniversaire qui vient ? Il est prévu d’aller danser.

J’ai hâte de voir ça.


18e jour

Rupture

Chaque matin, durant le court instant qui suit le réveil s’opère une réappropriation de la réalité, après le temps du rêve. Une recomposition de l’environnement. Une évaluation rapide de la situation qui bien souvent détermine mon humeur. Le bon pied, ou pas.

Au cours des deux décennies que j’ai essentiellement consacrées à faire la fête, j’ai développé une affection particulière pour ce bilan matinal. Ce moment de lucidité totale.

Quelle qu’ait été l’intensité des extases, la veille, ce moment me dit si je suis en phase avec la meilleure version de moi-même. Celle qui donne toute sa mesure. Celle qui écoute son intuition. Celle qui respecte son corps.

Le soir, la fête déploie ses vertiges. Le matin, je mesure combien je me suis éloigné de moi.

Dans la valse des ivresses est venu le moment où je me suis demandé :  » À quoi ressemblerait une vie où je suis moi tout le temps ? Sans rupture ?  »

Voilà plus de deux semaines que je me réveille avec la sensation de ne pas m’être quitté.

 


19e jour

No smoking

Je soupçonne le cercle d’être vertueux.

Voilà plus de deux semaines que je n’ai pas bu d’alcool mais que je n’ai pas fumé, non plus. Sans l’avoir décrété.

Depuis que le cigare est entré dans ma vie, soit plusieurs années, il ne me semble pas être resté si longtemps sans fumer.

Certes, la météo, ces jours-ci, n’invite guère à se prélasser sous le ciel en émettant des volutes.

Il n’empêche.

Je soupçonne le cercle d’être vertueux.


20e jour.

Discothèque !

Fascinant spectacle que celui de l’inexorable dégradation, au fil des heures, des capacités cognitives du noctambule en discothèque.

Celui qui boit, s’entend.

Et dont, pour mémoire, j’ai de nombreuses années durant incarné l’archétype enthousiaste.

Enfermé dans une boîte où la proximité d’autrui relève de l’intimité et où le volume de la musique exclut toute autre forme de communication que le cri et son corollaire, la grimace, on est sommé de vivre un moment formidable.

À double tranchant, le toucher remplace la parole.

Quand bien même on s’est égaillé avant d’arriver, le challenge demeure colossal – le tarif des consommations impose un retour sur investissement conséquent, question plaisir.

Alors on boit. Afin de pouvoir danser. Et être chanceux.

Peu importe que l’on ait déjà entendu le morceau au-delà du supportable – Let’s groove tonight – ou que le DJ se cherche encore, on se trémousse avec entrain.

Ou pas.

Il convient alors d’afficher le sourire pénétré de qui savoure intérieurement la volupté de l’instant.

Semblable à mes pairs, j’ai comme eux bu pour trouver une contenance en attendant le bon tempo. Bu de façon compulsive, sans soif ni véritable envie. Beaucoup bu.

En revanche, pas d’alcool, de sorte que l’expérience m’est apparue sous un jour nouveau.

Soyons clairs : lorsque la musique est bonne et la transe partagée, la magie a lieu.

Voilà le souvenir que je veux garder. Celui d’hier comme des myriades de soirées consacrées à la quête de ces instants de grâce qui ne s’atteignent que dans l’abandon.

Malgré les apparences, l’alcool y joue un rôle mineur.


21e jour

Fierté, joie et consorts

Après trois semaines de sobriété, que suis-je en mesure de vous montrer ?

La fierté.

La fierté d’être celui qui commande, ici.

C’est moi qui autorise ou non l’accès des psychotropes à mon organisme. Enfin.

Après avoir pris congé du cannabis, de la psylocibine, du MDMA et de la cocaine, j’ai la fierté de vous annoncer que l’alcool a également rendu les clés. Avec la nicotine, j’ai décidé de remplacer la compulsion par la dégustation.

La joie.

Je ne m’y attendais pas. La joie est là. Sans cause particulière.

Avec cause particulière, également :

  • disposer d’un maximum d’énergie
  • avoir l’esprit clair en permanence
  • être davantage présent dans l’instant
  • être davantage attentif à autrui / échanger de façon à la fois plus spontanée et plus profonde

L’argent

Mine de rien, boire chiffre.

Par voie de conséquence, ne pas boire revient à s’enrichir.


 

22e jour

Perspectives

Eu égard au nombre de bénéfices obtenus en récompense de mon effort, j’envisage d’étendre l’expérience à d’autres domaines.

Les candidats :

  • 30 jours sans viande ni poisson
  • 30 jours sans télé (ça ne devrait pas être trop difficile, elle a déjà passé loin à l’arrière-plan)
  • 30 jours de piano quotidien (j’apprends à jouer du piano. Enfin… L’instrument a été livré ; reste à m’en servir)
  • 30 jours d’exercice physique quotidien
  • Vendre un objet inutilisé chaque jour pendant 30 jours
  • Me réveiller à 05h00 tous les jours pendant 30 jours
  • Apprendre un nouveau mot de vocabulaire chaque jour pendant 30 jours

Le but : intégrer dans mon quotidien ce qui améliore ma qualité de vie de façon significative et partager avec vous les résultats en caressant l’espoir que cela vous inspire.

Ainsi, après avoir testé The Miracle Morning, de Hal Herold, j’en ai conservé trois habitudes quotidiennes :

  • Méditer au réveil
  • écrire au réveil
  • tenir un journal où je consigne, chaque soir, ce pour quoi je suis reconnaissant et ce qui pourrait être amélioré

Vous avez des expériences à me suggérer ?

N’hésitez pas.

La case « Commentaires » est là pour ça.


 

23e jour

Mieux devient normal

Sommeil profond, ininterrompu et réparateur. Teint clair. Afflux d’énergie. Voilà qui semble acquis, aujourd’hui. La norme.

Sauf que j’en veux davantage.

Selon Steve Pavlina et sa méthode Add the best ; drop the worst, chacun peut améliorer son quotidien de façon significative en ajoutant le meilleur et en se débarrassant du pire, en même temps.

Il s’agit donc d’identifier les meilleures habitudes qui, si vous les adoptiez aujourd’hui et pour les 20 années à venir, feraient une différence considérable.

Exemple : faire 30 minutes d’exercice et arrêter de fumer.

Simple.

À ne pas confondre avec facile.

Je m’en vais de ce pas traduire « Add the best ; drop the worst » afin de vous donner matière à rendre cette vie extra.

Le voici : Habitudes : ajoutez le meilleur, laissez tomber le pire.

À la vie extra !


24e jour

Un aquarium

Je veux un aquarium.

Ca ne date pas d’hier – je me suis pris de passion pour l’aquariophilie à l’âge de 12 ans et y ai consacré le plus clair de mon adolescence, jusqu’à mon engagement sous les drapeaux.

30 jours sans alcool - Laviextra
Paysage aquatique réalisé par Serkan ÇETINKOL lors du concours international d’aquascaping en 2013

Rien de nouveau sous le soleil, donc. Les aquariums, c’est ma came.

Hier, le sujet a fait surface au cours du déjeuner. J’ai exprimé le fait que je serais heureux de pouvoir à nouveau prendre soin, comme à la grande époque, d’un aquarium. Puis la conversation a glissé sur un autre theme.

Cette nuit, j’ai rêvé que je me trouvais dans une boutique d’aquariophilie et que je discutais poissons avec le vendeur.

Au réveil, je m’en souvenais parfaitement.

Lorsque je bois de l’alcool, cette continuité de pensée n’a pas lieu.


25e jour

Une légère appréhension

Celle de pouvoir, bientôt, à nouveau boire.

Il y a un indéniable confort à s’être fermé les portes du jardin aux turpitudes.

Certes, c’est là que se retrouvent mes proches.

Mais rien n’empêche de m’accouder à la cloture et profiter à loisir de leur compagnie en restant néanmoins du côté où je ne risque pas de m’égarer dans les bois ou perdre pied dans quelques sables mouvants.

D’une certaine manière, je me sens en sécurité de ce côté-ci.

Je réalise que ça me convient.

Me dire que j’y reste, une bonne fois pour toutes, est tentant.

Mais provoque une légère appréhension.


26e jour

Mise au jus

30 jours sans alcool - http://laviextra.com/ - Stromae

Monts et merveilles attendent les buveurs de jus, semble-t-il. De jus frais, s’entend – réalisés avec des fruits et légumes de saison.

  • Le plein de vitamines
  • de minéraux indispensables pour l’organisme
  • d’antioxydants protecteurs
  • de fibres bénéfiques pour le système digestif.

Hormis le début d’embonpoint qui menaçait ma ceinture abdominale à l’époque où boire tous les jours me paraissait bon pour le moral, je n’ai pas de problème de poids. Vous voyez le chanteur Stromae ? Nous jouons dans la même catégorie.

Pizza, burger, kebab et nachos recouverts de fromage fondu m’enchantent – je m’en empiffre sans vergogne, je pèse le même poids depuis le lycée.

Puis je suis tombé sur le proverbe américain « An apple a day keeps the doctor away » (une pomme par jour éloigne le docteur).

Et si c’était vrai ?

Je me suis imposé une pomme par jour.

D’apparence anodine, cette note de fraîcheur quotidienne m’a donné envie de davantage de fraîcheur et, partant, a mis un point d’interrogation face à mes habitudes alimentaires.

Me voilà donc penché sur les avantages respectifs des extracteurs de jus verticaux par rapport aux extracteurs horizontaux. Dans chaque famille, on a du pour et du contre. Et une certitude : horizontal ou vertical, l’extracteur de jus coute une tonne.

Vos éclairages en la matière sont les bienvenus.


 

 

27e jour

Gros, malade et presque mort

Mes recherches préparatoires à 30 jours sans viande ni poisson m’ont conduit jusqu’à Fat, sick and nearly dead, que j’ai visionné hier.

fatsickandnearlydead

Le film – vu par plus de 5 millions d’américains – relate l’expérience de Joe Cross, cet Australien riche, obèse et souffrant d’une maladie auto-immune, qui a parcouru 3 000 miles en 60 jours aux Etats Unis en se nourrissant exclusivement de jus de fruits et de légumes.

Inspirant, drôle, émouvant – hautement recommandable, si vous voulez mon avis.

Le film intégral est visible gratuitement ici :

http://www.rebootwithjoe.com/watch-fat-sick-and-nearly-dead/

 

 


30e jour

Buvons millésimé

Voilà 30 jours, je cessai de boire de l’alcool.

Trois jours plus tard, accidentellement, j’en buvais.

Le compteur fut donc remis à zero.

Me voilà donc à 3 jours du succès, penché sur le cas d’une boisson millésimée. Mais dépourvue d’alcool.

En effet, au débotté, depuis quelques jours, j’ai remplacé mon café matinal par un thé fermenté, le Puerh.

Cette famille de thé peut être issue de grands arbres à thé, parfois millénaires (et non d’arbres maintenus à l’état d’arbustes comme c’est le cas pour la majorité des thés) et se distingue par ses actions bénéfiques sur la digestion, l’assimilation des graisses et la baisse notable du taux de cholestérol et de Triglycerides.

Ceci étant, c’est sa capacité à se bonifier avec l’âge qui retenu mon attention.

Car tel le vin, le thé Puerh est millésimé.

Outre ses saveurs à la fois subtiles, complexes et particulièrement longues en bouche – dont certaines évoquent le cigare – ce thé présente l’avantage de me fournir un afflux d’énergie de plusieurs heures, et non pas un pic qui retombe brutalement comme c’est le cas avec le café.

J’ai reçu divers crus commandés chez

http://www.the-puer.com/p/accueil.html

Je recommande ce site (je précise que je n’ai pas d’intérêt sur les ventes) pour la qualité du service, la rapidité d’expédition et le fait que l’on puisse commander des échantillons de 20 grammes avant d’opter pour des quantités plus importantes – car le thé Puerh peut valoir cher.

Les papilles en fête et l’esprit aux aguets, j’expérimente. Et note déjà avec bonheur qu’un Nuo Gang Fermenté de 2013  me sied davantage qu’un Anding Shan de 2005, ce qui témoigne pour qui en doutait que la valeur n’attend pas le nombre des années et qu’il n’est pas nécessaire de se ruiner pour se régaler.

Quelque chose me dit que cette histoire ne fait que commencer.


 

31e jour

Onde sensuelle

30 jours sans alcool - http://laviextra.com/ - www.clubofthewaves.com

Manger une pomme par jour.

Eliminer l’alcool.

Remplacer le café par du thé.

Apprendre à surfer cette vague qui se lève entre les hanches.


32e jour

Sortir du rang

EXCLUSIVE PICTURE: MATRIXSTUDIOS.CO.UK PLEASE CREDIT ON ALL USES WORLD RIGHTS ***FEES TO BE AGREED BEFORE USE*** Ice Cube portrait shoot REF: MVT 10362

Pizzéria improvisée, hier soir, avec deux amis de longue date – pas le genre timide, question boisson.

Mes histoires d’expérimenter, de renoncer à tant de plaisir juste pour voir si j’y suis, ça leur a fait de la peine.

Voir l’un des leurs commander une carafe. Trinquer à l’eau du robinet.

Un sujet de conversation à moi tout seul.

Moi ?

Convaincu de bien faire.

Souriant.

Une formalité, en vérité.

Une bonne soirée.

 


 

33e et dernier jour

30 jours sans alcool - www.laviextra.com

Pour la première fois depuis que je m’interroge sur ce type de questions, j’ai été le maître de mes décisions.

Jusqu’à ces trente jours sans alcool, chacune de mes résolutions de faire mieux fut tributaire de circonstances favorables – faute de quoi, la promesse du plaisir immédiat l’emportait. Systématiquement.

Au delà des bienfaits ressentis sur la qualité de mon sommeil, ma clarté d’esprit, ma mémoire, mon niveau d’énergie quotidien et le muscle de ma volonté, je retiendrai que ce ne fut pas aussi difficile que le partisan de toutes les ivresses, en moi, le redoutait.

Je le recommande.

Pour aller plus loin :

Unsplash – Tiago Muraro

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Emmanuel Laurent écrit par:

Commentaires récents

5 commentaires

  1. Thomas
    11 mars 2016
    Répondre

    Merci c’est sympa à lire, écrit avec sincérité j’ai l’impression. Je crois faire partie comme vous, de ceux qui ont abusé gentiment de diverses substances et qui doivent faire taire le démon intérieur qui aime tant le lacher-prise. Si seulement tout cela n’abîmait pas la santé, mais les roses ont des épines et à partir de la trentaine on raisonne longévité aussi. Peut-être devez-vous faire des choix radicaux pour tenir le coup, car peut-être, maîtrisez-vous l’extrême mais pas la demi mesure. Que pensez-vous de celle-là : « l’art de faire subsister ensemble l’intempérance et la santé est un art aussi chimérique que la pierre philosophale, l’astrologie judiciaire et la théologie des mages »

    • Emmanuel Laurent
      11 mars 2016
      Répondre

      En effet Thomas, il s’agit de faire des choix radicaux car je réalise qu’il n’y a pas de demi-mesure en matière de niveau d’énergie.

      Soit je suis en forme, alerte, volontaire et capable, soit je suis fatigué. Et même en buvant raisonnablement, je me sens fatigué. Au point que le plaisir de boire est entaché par la perspective de la fatigue à venir.
      Je vais probablement redonner sa chance au produit une fois les 30 jours achevés. Et voir si j’y suis encore.

      Comment gérez-vous cela de votre côté ?

  2. Emmanuel Laurent
    11 mars 2016
    Répondre

    Quant à la pierre philosophale, son existence me paraît probable.
    Vraiment.

  3. Thomas
    11 mars 2016
    Répondre

    Je gère cela assez bien me semble-t-il merci.
    J’ai rapidement observé du mieux sur le sommeil principalement. C’est très agréable de bien dormir, pour la journée qui suit. Vous en parlez bien je me contente de cautionner vos propos, il y a immédiatement du positif qui valide la démarche. J’ai aussi couplé avec l’arrêt du tabac, c’est peut être même plus facile ainsi.
    Mais j’aime l’ivresse autant que le bon vin, je ne compte pas arrêter totalement. En revanche je ne reviendrai pas sur le point suivant c’est certain, l’alcool ne fera plus partie de mon quotidien et sera réservé aux soirs de fête qui se font plus rares.
    Le point de l’exemplarité me semble aussi important, mes enfants ont l’âge de comprendre ce que je bois alors je préfère leur montrer un grand verre de vitamines et un père en forme.

    • Emmanuel Laurent
      12 mars 2016
      Répondre

      Réserver l’alcool à la fête. De la même manière que j’ai cantonné le tabac au cigare, ce qui en fait d’office un moment privilégié.
      Voilà peut-être notre voie du milieu ?

      Oui, soyons des pères en forme !

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