30 jours sans viande ni poisson

À quoi ressemble une vie sans raclette, ni hamburger, ni sashimi ?

 

1er jour

Etat des lieux

 

  • Obtenir un kilo de boeuf requiert autant d’eau qu’un individu qui se douche pendant un an.
  • Il faut 10 calories végétales pour produire 1 calorie de boeuf ou de mouton.
  • Si tout va bien et que rien ne change, dans une trentaine d’années, j’aurais avalé 7 boeufs, 33 cochons, 1 à 2 chèvres, 9 moutons, plus de 1300 volailles, 60 lapins et quelques centaines d’animaux marins. Une part significative de ces animaux aura vécu dans des conditions que je préfère ignorer.

Bien. Mais tout cela est encore périphérique, aujourd’hui.

Ce qui m’intéresse, c’est l’impact d’un régime sans viande ni poisson sur ma qualité de vie. Vais-je déborder de tonus ? Rajeunir comme ce fut le cas lors de mes 30 jours sans alcool ? Mieux dormir ? Chasser le brouillard de mes pensées ?

Afin de mettre toutes les chances de mon côté, je suis parti avec une longueur d’avance en ne dînant, hier au soir, que de gnocchis aux cèpes et d’une miche de pain pour ne rien perdre de la sauce – un véritable festin.


 

2e jour

Moi, végétarien

On attaque sur les chapeaux de roues avec deux repas pris à l’extérieur :

Déjeuner en terrasse de brasserie où le seul plat disponible sans viande ni poisson s’est avéré une salade du chef débarrassée de ses tranches de jambon. Feuilles de chêne, tomate, mozzarelle. Et quelques tomates séchées, ajoutées par le chef qui se doutait que ça risquait de ne pas faire le job, son affaire. Bien vu. Même après la part de tarte aux pommes, j’aurais bien grignoté une bricole. Genre un sandwich.

Dîner chez Goodie Organic Food & Bar, à l’aéroport de Genève. J’ai opté pour un Wrap fromage de chèvre / tomate séchée (le sort s’acharne) / salade / miel et un jus concombre / céleri / pomme / citron / épinard. Délicieux, ce jus. Le wrap manquait de liant. Et j’avais encore faim. Fâcheux, pour un menu à 17,50 €. J’y ai remédié une fois rentré avec une banane et du lait.

  • 30 jours sans viande ni poisson
    « Goodie Organic Food & Bar propose une restauration rapide et savoureuse, basée sur des produits issus de la culture biologique, sains, de saison et de proximité » selon la brochure

Je n’ai pas l’intention de vivre 30 jours avec la sensation de faim. Ni de perdre du poids.

Il va falloir que je m’organise.


3e jour

Couscous ! (et le mythe des protéines)

Couscous à midi.

Sans merguez, ni agneau, ni poulet.

Uniquement des légumes et force harissa (friand de sauce piquante, je m’approvisionne chez www.sauce-piquante.fr).

Je me suis lâché sur les pois chiches afin d’emmagasiner un maximum de protéines.

Selon Rich Roll, « nous vivons dans une société qui nous conduit à croire que la viande et les produits laitiers sont les seules sources de protéines valables. »

Toujours selon lui, ses performances athlétiques ont été rendues possibles non pas en dépit de son changement de régime mais grâce à ses nouvelles façons de manger et de vivre.

Lesquelles consistent essentiellement à ne plus manger ce qui a une face et une mère.

Ses performances athlétiques ?

Il est le premier des deux seuls individus à avoir bouclé cinq Ironman sur cinq îles hawaïennes en moins d’une semaine. À plus de 40 ans. Pour mémoire, l’Ironman est une course multi-disciplinaire consistant à enchaîner 3,8 km de natation, 180,2 km de cyclisme puis un marathon ( soit une course à pied de 42,195 km).

Son message : « Lorsque le corps, le mental et l’esprit sont sains et équilibrés, tout est possible. »

Sa méthode : « Mangez davantage de plantes. »

Je commence par le couscous.

30 jours sans viande ni poisson - Richroll.com

 


 

4e jour

Grosse fatigue

Deux nuits de suite que dix heures de sommeil me font l’effet d’une sieste trop courte.

Peu de tonus musculaire.

Cerveau lent.

‘puisé.

Tout miser sur les fruits secs, aujourd’hui.

À demain.


5e jour

Cinq fruits et légumes. À jeun.

Deux pommes, deux carottes et un citron.

À la centrifugeuse – Moulinex, d’époque.

Puis, pour faire bonne mesure, je me suis accordé une tasse de thé vert et une banane.

À qui s’est mis en tête de boire souvent des jus de fruits et légumes frais s’offrent trois options :

Le blender  30 jours sans viande ni poisson - Laviextra.com - Blender

Sa lame rotative réduit en purée tout ce que vous lui présentez.

Peau, pépins, fibres, pulpe et autres trognons sont instantanément pulvérisés en un magma également connu sous le nom de Smoothie.

Avantages :

Son ouverture large accueille les fruits et légumes de grand gabarit sans qu’il soit nécessaire de les découper.

L’engin est facile à nettoyer.

Inconvénient :

Les jus ainsi obtenus sont épais, riches en fibres, et peuvent s’avérer difficiles à digérer si vous en consommez tous les jours. On pourra néanmoins les passer au tamis pour les débarrasser de leur épaisseur.

L’extracteur 30 jours sans viande ni poisson - Laviextra.com - extracteur_de_jus_oscar_neo_DA1000

L’extracteur, c’est le bien.

D’architecture horizontale ou verticale, il broie le fruit ou le legume au moyen d’une vis qui tourne lentement – entre 40 et 200 rotations minutes – tandis que son filtre sépare le jus des fibres.

Avantages 

Contrairement au blender et à la centrifugeuse qui fonctionnent avec des vitesses de rotations élevées, la rotation lente ne provoque pas d’échauffement, lequel détruit une part des nutriments du fruit / légume.

L’extracteur produit donc les jus dont les nutriments gardent une qualité nutritionnelle plus riche et plus élevée que les autres appareils à jus.

L’extracteur extrait du fruit / légume entre 10 et 30% de jus en plus qu’une centrifugeuse ou qu’un blender. En d’autres termes, vous achetez moins de fruits / légumes pour obtenir la même quantité de jus.

La séparation des fibres rend l’assimilation plus facile.

Plus la vitesse de rotation est élevée, plus il faut boire le jus rapidement. Ainsi, les jus réalisés au blender et à la centrifugeuse doivent être bus immédiatement. Ceux issus d’un extracteur peuvent se conserver jusqu’à 12 heures au frais.

Inconvénients

L’ouverture de la cheminée restreinte – variable selon les modèles – impose de découper les fruits et légumes.

Des trois types d’appareil, c’est celui qui nécessite le plus de temps pour produire son jus.

Le nettoyage des multiples pièces peut s’avérer laborieux

L’extracteur coûte une tonne. Si les premiers modèles sont accessibles pour une cinquantaine d’euros, les produits éprouvés affichent un tarif moyen de 300 à 500 euros.

La centrifugeuse30 jours sans viande ni poisson - Laviextra.com - Centrifugeuse Moulinex

Les aliments sont écrasés par la force centrifuge de l’appareil qui affiche des vitesses de rotation élevées.

Inconvénients

La taille de la cheminée impose de découper les fruits et légumes.

Une partie des nutriments étant détruits pas la chaleur induite par la vitesse de rotation, il faut boire les jus sur le champ.

Avantages 

L’appareil produit des jus très liquides, faciles à assimiler.

La centrifugeuse qui prenait depuis vingt ans la poussière dans le grenier de mon oncle retrouve une nouvelle jeunesse.

Le nettoyage est facile – pour peu qu’on s’y attelle tant que les résidus sont humides. Une fois secs, bonjour.

Je suis désormais en mesure d’ingurgiter des quantités étourdissantes de fruits et légumes en quelques gorgées.

Je prends soin de mon cher corps en découvrant des recettes savoureuses.

Mon teint ne saurait tarder à irradier et ma vie devenir meilleure.


8e jour

Question de masse

30 jours sans viande ni poisson - www.laviextra.com - Porte avions Charles de Gaulle

Autant je n’ai pas la sensation de me priver, autant j’ai souvent faim.

Déjà fine, ma silhouette menace de devenir encore plus fine, ce qui n’est pas mon propos.

Du temps que j’étais engagé au service des armes de la France et que je sillonnais mers et océans à bord du porte-avions Charles de Gaulle, je m’enfermais chaque jour  – lors des missions longue durée – en compagnie d’une poignée d’obstinés dans la salle de musculation. C’était ça ou le bistro.

En quelques mois, et grâce à l’absorption quotidienne de poudre protéinée, je devenais sensiblement plus musclé. De retour à quai, je reprenais le cours habituel de mes activités – loin de la salle de sport – et mon corps perdait en quelques jours les muscles âprement acquis.

Aujourd’hui, ma routine sportive s’est stabilisée autour d’une séance quotidienne qui précède la douche matinale :

  • Jumping jacks jusqu’au premier seuil de fatigue pour activer la pompe – lequel seuil recule progressivement, avec la pratique.30 jours sans viande ni poisson - www.laviextra.com - Jumping jacks

 

  • Pieds sur une chaise, série de pompes que j’augmente de 1 par semaine, avec l’objectif d’en envoyer 100 d’affilée – j’en suis à 67.
  • Série de tractions à la barre jusqu’à saturation totale.

Or la suppression de la viande et du poisson me fait maigrir – à vérifier sur la balance mais le miroir semble formel.

En attendant de trouver un régime équilibré, j’ai ressorti la poudre protéinée « explosion de chocolat » que je mélange au blender avec un verre de lait et une banane.

Avec mon jus de fruits et légumes matinal, ça commence à faire beaucoup de liquide à ingérer.

Thé et café en pâtissent.


9e jour

You snooze, you loose

30 jours sans viande ni poisson - http://Laviextra.com - David Bowie

Après 30 jours sans alcool et à l’issue des actuels 30 jours sans viande ni poisson, je m’engage par la présente à me lever à 05h00 tous les matins durant 30 jours. Seul le dimanche sera chômé.

Au menu :

  • Méditation
  • Lecture
  • Écriture
  • Exercice

L’idée maîtresse : « You snooze, you loose. »

Qui peut se traduire par « Si tu appuies sur ce bouton de répétition d’alarme, tu annonces officiellement à ton subconscient que le premier geste de ta journée consiste à ne pas faire ce que tu avais prévu de faire pour, en échange, t’exposer à 9 minutes de stress causé par la perspective d’entendre à nouveau le son de l’alarme. Bravo Morray. »

The Arcade Fire et David Bowie l’ont bien compris :


10e jour

Tenir

30 jours sans viande ni poisson - www.laviextra.com

Mon premier veggie croque-monsieur, hier soir.

Et ses frites / salade.

L’ensemble a succédé à une rafale de bâtonnets de mozzarella dûment trempés dans la sauce barbecue et accompagnés de solides rasades de Leffe Royale India Pale Ale que le serveur venait de rentrer sans avoir eu le temps de la goûter aussi j’ai accepté de faire le cobaye – complexe, sur l’agrume, vive à provoquer l’ivresse, forte de ses 7,5 degrés.

Le croque ? L’artichaut et consorts ont tenu leur rang entre le pain de campagne et le fromage fondant, abondant.

D’un côté, joie de tenir mes engagements, de taper dans les paragraphes exotiques du menu, d’à mon tour m’alimenter en conscience, de l’autre, friture, gras, sauce et alcool. Lequel, malgré les bienfaits ressentis durant son absence, s’en est revenu dès la parenthèse (30 jours sans alcool) refermée, entre nous. En dépit des  « Vous allez voir que je vais finir par y prendre goût, à cette clarté d’esprit qui dès potron-minet saisit l’abstinent » et des  « Quatre jours à peine et me voilà jouant avec l’idée de ne plus boire jamais ! »

Bilan : piètre sommeil et réveil à 04h00 sans espoir de retour.

C’est quand, l’équilibre ? Le bien-être sans la frustration ?

Ayant déjà tiré un trait sur un nombre non nul de psychotropes  – liste exhaustive au 21e jour – ainsi que, donc, la viande et le poisson, quasiment la télé comme les sites à caractère obsédant, je vais finir où, à ce rythme ? Sur une colline, les yeux mi-clos, à mastiquer des pousses de bambou ?

 L’intuition m’invite à poursuivre et partager mes observations.

Dont acte.


11e jour

Vertige

30 jours sans viande ni poisson - www.laviextra.com - lamb

L’une des raisons pour lesquelles j’ai de plus en plus de mal à regarder la télé est cet étalage de violence dont je refuse de m’encombrer l’esprit, dorénavant.

À l’heure du déjeuner, hier, tandis que je me régalais d’une assiette de quinoa accompagné de haricots rouges et d’oignons revenus à la poêle avec une poignée de tomates concassées – un délice, Maman – je me suis dit tiens, c’est l’heure du zapping.

Je n’ai pas détourné les yeux à temps.

Le type s’est emparé de l’agneau effrayé par la peau du dos et, de toutes ses forces, lui a percuté la tête contre la cloison.

Le mérite de ce spectacle : nous rappeler ce qui se produit avant qu’une côtelette ne finisse dans notre assiette.


 14e jour

Bilan à mi-parcours

30 jours sans viande ni poisson - http://laviextra.com/ - 14e jour

Quels sont les bénéfices sensibles, après deux semaines sans viande ni poisson ?

La satisfaction de ne plus prendre part, fut-ce temporaire, au massacre industrialisé de nos amies les bêtes.

Le renforcement de ma volonté – ne serait-ce que ce week-end, j’ai renoncé à un plat de nems, un assortiment de sushis, un filet de Black Angus et un triangle rosette/cornichon. Me refusant ces plaisirs immédiats en vue d’une récompense jugée supérieure mais différée, je fais travailler le muscle le plus sollicité dans l’accomplissement de tout objectif – comme dans inventer l’ampoule électrique, devenir Arnold Schwarzenegger ou aller sur la lune.

L’envie de plus : pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas envisager une expérience globale d’amélioration de l’individu – moi, en l’occurrence ? Je suis penché sur un programme relativement exigeant qui ferait un excellent sujet d’article, si vous voulez mon avis. On en reparle bientôt.


 17e jour

Un steak, pour ainsi dire (et une montée de Chi)

30 jours sans viande ni poisson - http//laviextra.com - CARREFOUR-VEGGIE-Galettes

Il y a là du blé, des épinards, de l’emmental et une panure composée de croquantes graines de courges, de lin et d’oignon – Carrefour les propose en boîte de 4 et à la poêle, c’est délicieux. Une sacré bonne surprise !

Soudain les légumes redeviennent l’accompagnement de sa seigneurie le steak, fut-il dépourvu de viande, de poisson et d’OGM.

L’univers du burger rouvre ses portes, la sauce barbecue revient dans la lumière, la moutarde fait la une, etc.

« Bienvenue à la maison. »

Voilà ce que m’a dit l’assiette où trônait cette galette en forme de viande.

Je me suis resservi deux fois et je vous prie de me croire que le bac du bas va en être bien garni – oui, c’est un surgelé.

Voilà.

À part ça ?

Le chi monte.

Kung-Fu-Panda-8

Je le sens depuis maintenant plusieurs jours.

L’énergie m’habite. Vaillant dès le réveil, plus vif, concentré à la tâche, en appétit, volontaire, capable, vous voyez le genre.

Avant-hier, je suis allé voir Kung Fu Panda 3, en 3D. Un pur enchantement. Une oeuvre époustouflante. Où il est question, notamment, de maîtriser l’énergie vitale.

Je témoigne ici et maintenant qu’un régime sans viande, ni poisson, ni alcool, ni tabac, ni onanisme favorise son déploiement au sein de l’individu qui s’impose telle discipline.

Pourquoi tant de privations ?

Pour être le seul maître à bord. Ne plus céder à la moindre sollicitation.

Affecter cette énergie à des réalisations qui en valent véritablement la peine.

Echanger une satisfaction immédiate mais de courte durée, drainante, contre une forme de plénitude durable.

Investir.


19e jour

Célèbres et végétariens

Leonard de Vinci : « Viendra un temps où des hommes tels que moi considéreront le meurtre des animaux comme ils considèrent le meurtre des hommes. »

Abraham Lincoln

Carl Lewis

Pythagore : « Tant que les hommes massacreront les animaux, ils s’entretueront. Car qui sème la graine du meurtre et de la douleur ne peut pas récolter la joie et l’amour. »

Brad Pitt

Cameron Diaz

Gandhi

Albert Einstein : « Rien ne bénéficiera à la santé humaine ni n’augmentera les chances de survie sur la terre autant que l’évolution vers un régime végétarien. »

Henry Ford

Leonardo DiCaprio

Steve Jobs

Paul Mc Cartney : « Si les abattoirs avaient des baies vitrées, tout le monde serait végétarien. »

Martina Navratilova

Pierce Brosnan

Thomas Edison : « La non-violence conduit aux plus hautes éthiques, ce qui le but de toute évolution. Tant que nous continuons à blesser d’autres êtres vivants, nous sommes des sauvages. »

Princesse Diana

Leon Tolstoy « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »

Richard Gere

Sir Isaac Newton

Anne Hathaway

George Bernard Shaw « Tandis que nous sommes les tombes vivantes d’animaux assassinés, comment pouvons-nous espérer des conditions idéales sur cette terre ? »

Charles Darwin

Ralph Waldo Emerson

Franz Kafka : « Maintenant je peux te regarder en paix. Je ne te mange plus. »

John Lennon

Claudia Schiffer

Alec Baldwin

Nikola Tesla

Platon : « Les Dieux ont créé certains êtres pour rassasier nos corps : ce sont les arbres, les plantes et les graines. »

Rosa Parks

Buddha : « Devenir végétarien, c’est faire un pas dans le courant qui conduit au Nirvana »

Kim Basinger

Albert Schweitzer : « Pensez occasionnellement à la souffrance dont vous vous épargnez la vue. »

Bill Clinton

Barry White

Alanis Morissette

Moby : « De façon basique, nous devrions cesser de faire ce qui détruit l’environnement, les autres créatures, nous mêmes, et inventer une nouvelle façon d’exister. »

Anthony Kiedis – Red Hot Chili Peppers

Pamela Anderson

André 3000 – Outkast

Patrik Baboumian – L’Homme le plus fort d’Allemagne 2011

30 jours sans viande ni poisson - Laviextra.com - Patrik Baboumian
« Les animaux les plus forts du monde sont des mangeurs de plantes : les gorilles, les buffles, les éléphants et moi. » Patrik Baboumian

Nathalie Portman

Woody Harrelson

Prince

Mike Tyson : « J’aurais aimé naître végétarien. Je me demande pour quoi j’ai été fou pendant tant d’années. »

Hellen Degeneres

Corey Affleck

Peter Dinklage – Game of Thrones

Venus Williams

Thom Yorke – Radiohead

Jared Leto

Viswanathan Adan – champion du monde d’échecs

J.M. Coetzee – Prix Nobel de Littérature

Venki Ramakrishnan – Prix Nobel de Chimie

C.V Raman – Prix Nobel de Physique

Shmuel Yosef Agnon – Prix Nobel de Littérature

Linus Pauling – Prix Nobel de Chimie et Prix Nobel de la Paix

Steve-0 / Jackass

Tobey Maguire

Samuel L. Jackson

Joaquin Phoenix : « Je suis végétarien depuis l’âge de trois ans et impliqué dans la lutte pour le droit des animaux depuis des années. J’ai vu de nombreux films sur les droits des animaux mais aucun ne m’a touché aussi profondément que Earthlings.


21e jour

À côté de la foule

 

30 jours sans viande ni poisson - Laviextra.com - Mc Donald's - Big Mac -

J’ai déjeuné sur l’autoroute, hier.

Dans une station-service où le petit supermarché jouxte un Mc Donald’s noir de monde à l’heure où j’ai poussé la porte. Copieuse file d’attente à chaque caisse, aucune place assise.

Depuis l’enfance, je suis un client réjoui de l’enseigne.

Mais pour le végétarien, Mc Do, c’est vite vu. Les frites, une salade en prenant soin de contourner les morceaux de viande et un dessert. Donc merci, mais non merci.

Plan B : Les sandwichs pré-emballés du petit supermarché. Sauf qu’en fait non, tous contiennent de la viande ou du poisson.

Bilan : un paquet de chips, 4 bananes et une boisson bleue, riche en vitamines et minéraux.

Nous sommes d’accord : en termes d’équilibre diététique, je dois pouvoir faire mieux.

Mais passer à côté de la foule baignant dans les effluves d’huile recuite et se nourrissant au gré des alarmes de friteuse pour, de mon côté, déjeuner de fruits au soleil, m’a fait réaliser combien mes habitudes méritaient un sérieux examen.


22e jour

Et vous ?

30 jours sans viande ni poisson - Laviextra.com - 22e jour

Que diriez-vous de faire le test ?

Pas forcément un mois entier, comme certains obstinés, mais quelques jours.

Une semaine ?

Allez. Cinq jours.

Cinq jours sans viande ni poisson.

Pour voir si vous y êtes.

Pour l’anecdote.

Histoire de jouer avec votre volonté.

Pouvoir regarder un animal et vous dire que, momentanément, vous avez allégé la menace qui pèse sur son règne.

Sous ma fenêtre passent des vaches, de temps à autres.

Je vous assure que je ne les regarde plus de la même façon.

À vous.


24e jour

Fidélité

Laviextra.com - 30 jours sans viande ni poisson - 24e jour - nachos

Ce choix de ne plus manger d’animaux, à la vérité, c’est un engagement qui dans les faits doit être renouvelé tous les jours.

Plusieurs fois par jour.

Car plusieurs fois par jour, la tentation projette sa substance dans la moindre anfractuosité de votre bouclier afin de s’immiscer et corrompre votre résolution.

Parcourez le menu du pub où les burgers maison le disputent à la flamenkuche aux lardons ; souriez d’abnégation ; considérez avec nostalgie les ailes de poulet sauce barbecue ; passez à la page suivante et arrêtez-vous sur les nachos – chips de tortilla, viande grillée et nappée de fromage fondu et de guacamole.

Il est où le défenseur de la cause animale ?

Les yeux rivés sur la photo. L’esprit figé. Salivant.

Il n’y a pas d’heure pour les nachos.

On ne s’arrête que lorsque que le plat est vide, les miettes ont été récoltées avec les doigts et les doigts léchés. Alors seulement soupire-t-on d’aise en s’imaginant la fois prochaine.

À moins d’avoir décidé que ça, c’était avant.

Dans ce cas, on se rabat sur la seule proposition qui n’inclue pas le meurtre d’un être innocent (violons), à savoir le croque veggie, on savoure ses frites et l’on se dit que les poivrons, l’artichaut et l’emmental fondu entre deux tranches de pain de campagne grillé, c’est pas mal du tout, tout compte fait.


25e jour

Je crois que je peux voler

Lavextra.com - 30 jours sans viande ni poisson - 25e jour

 

La sensation est à l’exact opposé de la pesanteur mais suppose que je m’y abandonne.

Que je lâche prise.

Je suis en train de discuter, ou en marche vers quelque destination lorsque soudain, mes pieds quittent le sol. Un petit bon de cosmonaute.

Alors ça me revient. Allez savoir pourquoi ça m’était sorti de l’esprit mais soudain la sensation est de retour. Je prends quelques pas d’élan, une belle impulsion et cette fois je m’élève pour de bon, jusqu’au dessus des arbres.

Quel pied !

Bon sang, déjà je retombe, lentement, tel l’avion de papier.

Détends toi. Respire profondément. Cesse de le vouloir si fort. Voilà. Je viens d’accrocher un courant, à nouveau le sol s’éloigne. La jouissance est celle que vous imaginez. Parfois, ça se cantonne à une série de bonds d’amplitude variable – et c’est déjà fabuleux. Parfois, je suis une montgolfière. Je dérive à des hauteurs phénoménales. Et ça dure, ça dure. Une caresse de plus en plus légère.

Ces derniers temps, l’affaire a pris une toute autre tournure. De la même façon, la sensation arrive sans crier gare mais dès la première impulsion, je trace vers l’azur comme Ariane à Kourou.

Ensuite, c’est l’orgie.

Des trajectoires infinies qui s’infléchissent au moindre de mes désirs, à une vitesse que je module de la paisible croisière afin de savourer la majesté du paysage à des passages à fleur de relief où j’accélère, encore, encore, jusqu’à entrer dans le tunnel.

Je me réveille avec un sourire, je vous dis pas.

Quel rapport avec mon alimentation ?

Je me le demande.


30e jour

Alors. Conversion ?

30 jours sans viande ni poisson - Laviextra.com - Crédit : Unsplash - Rob Schreckhise

Quel bilan tirer de ces 30 jours de privation ?

 

À la différence de mon experience avec l’alcool, il n’a pas suffi de rayer les produits indésirables de la carte puis de reprendre le cours des choses en sifflotant.

C’est pourtant ce que j’ai fait, la première semaine. Fin de la viande, fin du poisson, et roule champion.

Cinq jours plus tard, j’avais perdu mes premiers kilos tandis que mon niveau d’énergie épousait le plancher.

Il s’est alors agi de compenser.

D’adapter mon régime alimentaire, en introduisant des légumes riches en protéines – pois chiches, haricots rouges, quinoa, avocats, lentilles…

À chaque fois que j’ai eu envie de grignoter, j’ai jeté mon dévolu sur les fruits secs, compte-tenu de leur concentration en

  • Fibres, indispensables au fonctionnement du transit et de la satiété
  • Glucides, source d’énergie
  • Vitamines (A, B, C..), des minéraux et oligo-éléments (magnésium, potassium, calcium, sélénium, fer, cuivre, zinc, manganèse…)
  • Phyto-substances qui diminuent les risques de cancer, d’hypertension, de diabète et de maladies cardio-vasculaires
  • Acides gras essentiels (oméga-3 et oméga-6) qui permettent de se protéger du mauvais cholestérol et des maladies cardiaques…

 

J’ai également pris l’habitude de goûter d’un shake bananes / protéines en poudre.

Les contraintes ne sont donc pas anodines, d’autant qu’encore une fois, jusqu’à cette expérience, j’étais épris de terrines de campagne, de steaks à point, de poisson cru, de

charcuterie sous toutes ses formes, de hamburgers et autres ailes de poulet marinées…

Or quelque chose a changé.

Quelque chose de ténu, mais que je ne peux plus ignorer.

Je suis devenu conscient de ce que j’ingère.

Déjà, j’ai toujours refusé de visionner la moindre video de mise à mort des animaux dont je me régalais – l’âge n’arrange rien à l’affaire, je supporte de moins en moins le spectacle de la violence, quelle qu’en soit la forme.

Cela n’a pas changé : je refuse toujours de m’infliger ce spectacle, gavage des oies compris – Dieu sait combien j’ai aimé le foie gras !

Mais lorsque j’envisage un plat carné, désormais, les étapes précédant la découpe de ces irrésistibles tranches de bacon ou de ces côtelettes dorées s’imposent à mon esprit.

Et je ne doute pas que la réalité soit pire que mon imagination.

 

Je ne veux plus être associé à cette souffrance.

 

De la même manière que je refuse d’exposer mon esprit à tout spectacle dégradant, je ne veux plus manger des morceaux d’animaux qui ont péri dans la terreur.

Notre corps n’est que nourriture transformée.

Je ne veux plus d’un corps qui soit constitué de cadavres.

 

En outre, cesser de manger des animaux est un pari trois fois gagnant :

– Vous cessez d’ingurgiter des produits qui sont la cause de cancer, de crise cardiaque et de diabète.

– Vous allégez la demande qui cause tant de souffrance aux animaux.

– Vous avez un impact positif sur l’environnement – nourrir le bétail est l’une des causes premières de l’épuisement des ressources de la planète.

Pour une étude approfondie de ces trois points, lire No steak, d’Aymeric Caron.

 

Depuis que j’ai cessé de manger de la viande et du poisson, je découvre une sensation de légèreté nouvelle.

Je regarde un oiseau, une vache, un écureuil et j’éprouve une sensation de paix.

J’en veux tous les jours.

 

Par conséquent, je ne mangerai plus d’animaux.

 

Reste à régler la question des œufs et des produits laitiers qui participent également à la souffrance industrialisée d’êtres sensibles, intelligents et sociaux.

Voilà qui mérite au moins un essai de 30 jours, non ?

À vous.

 

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Emmanuel Laurent écrit par:

Commentaires récents

4 commentaires

  1. Sakina
    31 mars 2016
    Répondre

    L’homme est omnivore. C’est a dire que son anatomie est concue pour digerer fruits et legumes tout comme les viandes et les poissons. Il en resulte que le vegetarisme ne convient pas a tout le monde. Soit parce que l’on se lasse ou l’on vit une frustration, soit parce que le corps developpe des carences. Mais il ne faut pas etre extremiste, on peut etre vegetarien occasionnellement. C’est deja bien pour le corps, les animaux et la planete! Vegetarienne depuis pres d’un an, j’ai decouvert une nouvelle forme de cuisine qui joue avec les textures, les epices, les jus et notamment les superaliments. C’est ce nouvel univers gustatif et creatif qui a maintenu mes papilles heureuses et mon esprit emoustille. J’espere et je vous souhaite qu’il en soit de meme pour vous. Bonne decouverte et ne lachez pas!

    • Emmanuel Laurent
      31 mars 2016
      Répondre

      En effet, Sakina, la satisfaction de se faire du bien ainsi qu’à l’écosystème incite à repenser notre alimentation en profondeur. Et impose des séjours prolongés dans la cuisine ce qui, pour certains tels que, par exemple, moi, constitue une véritable nouveauté. Quel endroit étonnant ! Et riche de possibilités.

  2. Moumou
    12 avril 2016
    Répondre

    Bonjour Emmanuel,
    Pour en revenir au : « Et vous », j’étais très intéressé par votre expérience et voulait voir votre ressenti sur 30 jours avant de me lancer dans cette expérience. Mais « faible » comme je suis je me suis lancé il y a maintenant plus d’1 semaine, et je trouve cela plus facile que prévu pour le moment, pas de sensations de faim pour l’instant, plus de plaisirs a cuisiner des légumes et mixer les saveurs, je passe également plus de temps a trainer dans les rayons fruits et légumes. Bref même si certains mets ne pourrons me faire devenir totalement végétarien, je pense désormais a redéfinir mon mode de nutrition et porte un œil différent sur ce que l’on nous vend en grande distribution. Ma prochaine étape, abandonner définitivement tout les produits transformés et ainsi éviter touts additifs, et revenir a un mode de consommation de « proximité » via les amap.

    • Emmanuel Laurent
      12 avril 2016
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      Bonjour Moumou,
      Félicitations à vous pour avoir cédé à la tentation de la privation.
      Je reconnais que le défi peut sembler intimidant, en particulier si vous êtes comme moi peu porté(e) sur les légumes et enchanté(e) par la perspective d’un hamburger ou d’une assiette de charcuterie.
      Mais ça, c’était avant que je me penche sur la réalité d’un abattoir.
      Avant de prendre connaissance des bienfaits avérés d’un régime végétarien.

      Il me reste à découvrir les plaisir de cuisiner que vous décrivez et là aussi, je pars de loin.
      Ceci étant, je n’exclue pas de basculer totalement, de ne pas revenir en arrière – confirmation au 30e jour.

      Rendez-vous très bientôt, Moumou, pour un nouveau challenge de 30 jours, disons, plus relevé.

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